Un salarié sur trois passe plus de temps au bureau que dans son propre salon. Pourtant, en cas d’arrêt cardiaque sur le lieu de travail, beaucoup d’entreprises ne savent toujours pas si elles sont tenues, ou simplement invitées, à s’équiper d’un défibrillateur. La réponse dépend en réalité de plusieurs critères : catégorie d’établissement, nombre de personnes accueillies, et obligation générale de sécurité qui pèse sur tout employeur. On fait le point, sans jargon, pour vous aider à savoir où vous vous situez.
Le défibrillateur en entreprise : que dit la loi ?
La réglementation française encadre l’installation des défibrillateurs automatisés externes (DAE) principalement à travers le statut d’établissement recevant du public (ERP). Or, de nombreuses entreprises — commerces, sièges sociaux ouverts à des visiteurs, ateliers accueillant du public — entrent dans cette catégorie sans toujours le savoir.
L’obligation liée au statut d’ERP
Depuis la loi n° 2018-527 du 28 juin 2018 et son décret d’application, les ERP sont progressivement soumis à l’obligation de s’équiper d’un DAE, selon un calendrier échelonné :
- Catégories 1 à 3 (plus de 300 personnes) : obligatoire depuis le 1er janvier 2020.
- Catégorie 4 (jusqu’à 300 personnes) : obligatoire depuis le 1er janvier 2021.
- Catégorie 5 (petits établissements) : obligation étendue depuis 2022 à certains types d’établissements (structures d’accueil pour personnes âgées ou handicapées, etc.), puis élargie par le décret n° 2025-1167 du 5 décembre 2025 à de nouveaux établissements comme les salles de danse, les salles de jeux ou les aéroports, sous réserve de seuils de fréquentation encore précisés par arrêté.
Concrètement, si votre entreprise reçoit régulièrement du public (clients, visiteurs, usagers) au-delà des seuils fixés par catégorie, l’installation d’un défibrillateur n’est pas une option : c’est une obligation légale.
Et pour les entreprises qui ne sont pas ERP ?
Une entreprise qui n’accueille que ses propres salariés, sans recevoir de public extérieur, n’entre pas automatiquement dans le champ de cette obligation spécifique. Cela ne signifie pas pour autant qu’elle est dispensée de toute réflexion sur le sujet : c’est là qu’intervient l’obligation générale de sécurité de l’employeur.
Défibrillateur en entreprise et responsabilités : l’obligation de sécurité de l’employeur
Au-delà du strict statut ERP, le Code du travail impose à tout employeur une obligation de sécurité de résultat envers ses salariés. L’article L4121-1 du Code du travail prévoit que l’employeur doit prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs.
Une obligation de moyens renforcés
Concrètement, cela implique pour l’employeur :
- D’évaluer les risques présents dans l’entreprise, y compris les risques cardiovasculaires liés à certains postes ou environnements de travail
- De mettre en place des mesures de prévention adaptées (formation aux gestes de premiers secours, présence de matériel de secours)
- D’organiser les secours en cas d’urgence
Si le Code du travail n’impose pas nommément le défibrillateur dans toutes les entreprises, un accident cardiaque non pris en charge faute d’équipement adapté peut, dans certains contextes, être invoqué au titre d’un manquement à cette obligation générale de sécurité. C’est pourquoi de plus en plus d’entreprises — même non soumises à l’obligation ERP — choisissent de s’équiper par anticipation.
Quelle responsabilité en cas d’absence de défibrillateur ?
Pour les ERP concernés par l’obligation légale, l’absence de DAE n’entraîne pas d’amende automatique à ce jour, mais expose l’exploitant ou le propriétaire de l’établissement à un risque de mise en cause de sa responsabilité civile, voire pénale, en cas d’accident cardiaque non pris en charge dans de bonnes conditions.
Pour les entreprises non soumises au statut ERP, la question s’apprécie au cas par cas, à la lumière de l’obligation générale de sécurité et du contexte (taille de l’entreprise, nature de l’activité, effectif présent).
Pourquoi installer un défibrillateur en entreprise, même sans obligation stricte ?
Au-delà de l’aspect réglementaire, plusieurs raisons concrètes poussent les entreprises à s’équiper :
Un enjeu de survie pour les salariés
En cas d’arrêt cardiaque, chaque minute sans intervention réduit les chances de survie d’environ 10 %. Un défibrillateur disponible sur site permet d’agir avant même l’arrivée des secours, ce qui multiplie significativement les chances de survie.
Un signal fort en matière de qualité de vie au travail
Un défibrillateur visible et accessible rassure les salariés, les clients et les visiteurs. Il s’inscrit dans une politique globale de prévention des risques, aux côtés de la formation aux premiers secours et de l’affichage des consignes de sécurité.
Une réponse à l’évolution de la réglementation
Le périmètre des obligations s’élargit régulièrement (dernier exemple en date : le décret de décembre 2025). Anticiper l’équipement permet d’éviter une mise en conformité dans l’urgence et de sécuriser durablement les locaux.
Que votre entreprise soit déjà concernée par l’obligation légale ou qu’elle souhaite simplement sécuriser ses locaux, découvrez notre sélection de défibrillateurs automatiques adaptés aux entreprises, avec un accompagnement pour le choix du modèle, l’installation et la maintenance.
FAQ : défibrillateur en entreprise, obligation et responsabilités
Un défibrillateur est-il obligatoire dans toutes les entreprises ?
Non. L’obligation s’applique aux entreprises ayant le statut d’établissement recevant du public (ERP), selon leur catégorie. Les entreprises qui n’accueillent aucun public extérieur ne sont pas soumises à cette obligation spécifique, mais restent tenues par l’obligation générale de sécurité de l’employeur.
Comment savoir si mon entreprise est concernée par l'obligation ?
Cela dépend de son statut d’ERP et de sa catégorie, déterminée notamment par le nombre de personnes pouvant être accueillies simultanément dans les locaux. En cas de doute, un diagnostic auprès d’un professionnel ou des services de la préfecture permet de clarifier votre situation.
Que risque une entreprise si elle n'installe pas de défibrillateur alors qu'elle y est tenue ?
Aucune amende spécifique n’est prévue à ce jour, mais la responsabilité civile, voire pénale, de l’exploitant peut être engagée en cas de manquement à cette obligation réglementaire de sécurité, notamment si un accident cardiaque survient sans prise en charge adaptée.
Qui doit utiliser le défibrillateur en entreprise en cas d'urgence ?
N’importe quel salarié ou témoin présent, formé ou non aux premiers secours. La loi autorise toute personne à utiliser un défibrillateur automatisé externe en cas d’arrêt cardiaque, sans compétence médicale préalable.
Faut-il former les salariés à l'utilisation du défibrillateur ?
Ce n’est pas une obligation légale, mais c’est vivement recommandé. Une formation aux gestes qui sauvent (type PSC1) permet aux salariés d’intervenir plus rapidement et plus sereinement en cas d’urgence.
Plusieurs entreprises situées sur un même site peuvent-elles partager un défibrillateur ?
Oui. Lorsque plusieurs établissements sont situés sur un même site ou à proximité immédiate, la réglementation permet la mutualisation d’un défibrillateur commun, sous réserve qu’il reste facilement accessible à tous.
